Politique, Société

Le gouvernement veut faciliter l’obtention des passeports

Le nouveau ministre de l’Intérieur du Congo-Brazzaville, prenant ses fonctions cette semaine, a promis de travailler pour que le « passeport cesse d’être un document de luxe ». Mais ceux qui attendent depuis longtemps la délivrance du sésame sont dubitatifs.

Samedi à la mi-journée, la principale entrée de la préfecture de Brazzaville, qui abrite les services d’immigration, chargés de délivrer les passeports, était fermée, à cause d’une cérémonie de passation de service à l’intérieur.

Impossible d’y accéder donc pour Guillaume, 50 ans, qui attend son passeport depuis de longs mois : « Ça me fait neuf mois, neuf mois bien comptés. C’est depuis 2025 que j’ai payé 50 000 francs CFA [76 euros]. J’ai encore donné 50 000 francs CFA dans les mains d’une tierce personne, par la suite. Et voilà, je suis au neuvième mois que je n’ai pas de passeport », se plaint-il.

Et Guillaume n’est pas seul à attendre. Parmi eux, certains ont déposé leur demande depuis bien longtemps avant, comme cet homme qui n’a pas voulu donner son nom. « La demande [de passeport] a été faite depuis novembre 2024, c’était pour un projet scolaire : aller étudier en France. J’ai alors lancé la procédure, mais jusqu’à aujourd’hui, je n’ai pas de passeport », se lamente-t-il.

Le nouveau ministre de l’Intérieur, le général Jean Olessongo Ondaye, dit vouloir mettre un terme à ces attentes. Mais un autre Congolais est plutôt dubitatif. Lui aussi n’a pas donné son nom : « Je dirais qu’il fait le discours en tant que politicien, pas en tant qu’administrateur. Voyons voir, laissons le temps au temps », clame un citoyen.

Au Congo, le prix du passeport est fixé à 50 000 francs CFA et sa délivrance doit se faire deux semaines après la demande, officiellement. Mais, en réalité, certains Congolais sont obligés de le payer plus cher et doivent attendre longtemps avant d’avoir le document, à cause de la corruption.

 

RFI / Loïcia Martial